Abdication et changement d’ère au Japon

Abdication et changement d’ère au Japon

Un événement exceptionnel agite l’archipel du soleil levant.
Sa majesté l’empereur du Japon Akhito va abdiquer en faveur de son fils, Naruhito, le premier mai prochain. Il s’agit d’un événement rarissime dans la mesure où il faut remonter à l’an 1817, date à laquelle l’empereur Kôkaku a renoncé au trône, pour retrouver le dernier cas d’abdication dans l’histoire du Japon.
En outre, la constitution de 1947 ne permettant pas à l’empereur d’abdiquer il fallut créer une nouvelle loi en 2017 pour rendre possible cette renonciation au trône et le passage du titre au prince héritier.

Akihito avait accédé au trône impérial en janvier 1989 après le décès de son père Hiro-hito ouvrant ainsi un nouvelle ère ; l’ère Heisei (平成). Chaque ère au Japon correspond au règne d’un empereur.
L’ère précédente shôwa (昭和, la lumière harmonieuse) s’étendit de la montée sur le trône de Hiro-hito en 1926 jusqu’à son décès en 1989. Chaque nom d’ère est tiré des classiques de la littérature japonaise et annonce sous quelles augures le nouveau règne se place.

La nouvelle ère, qui commencera le premier mai prochain, fut décidée il y a peu et se nommera ère Reiwa (令和), c’est-à-dire « la belle harmonie ». L’empereur du Japon appartient à une longue lignée, réputée ininterrompue, remontant au règne de l’empereur Jinmu en 660 avant J.-C (date officielle de la fondation du Japon), lui-même descendant de la déesse du soleil Ômikami Amaterasu selon le mythe de la religion traditionnelle japonaise le Shintô ( 神道, littéralement « la voie des dieux ») et dont tous les empereurs du Japon seraient les descendants.
La maison impériale incarne un fonction sacerdotale et de légitimité politique. Bien que l’empereur fut déchu de son statut de Dieu vivant après la défaite de 1945, celui-ci fut toutefois maintenu dans ses fonctions symboliques d’incarnation de l’unité nationale dans le Japon d’après-guerre. Même si l’empereur ne remplit officiellement de fonction politique, il est d’usage que celui-ci se déplace à l’étranger pour représenter le Japon afin d’exercer une certaine diplomatie culturelle.

Dans le Japon contemporain, l’empereur incarne une figure tutélaire bienveillante vers laquelle les Japonais se tournent lorsqu’ils traversent des épreuves collectives difficiles. On retiendra, à cet égard, l’intervention télévisée d’Akhito, événement unique, après le séisme du 11 mars 2011 pour soutenir le moral du peuple japonais.

Rapporteur : Samuel Marie

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